Jeudi 8 avril 2010
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Je passais par là, je faisais vite, entre deux tétées, une destination, de multiples choses à y faire,
vite, vite vite, je passais devant chez elle, ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas vues. Tel un bon petit chaperon rouge des temps modernes, dans la forêt des immeubles, j'avançais, sur mon
vélo, mes sacoches remplies non pas d'une galette (ça aurait pu, ce n'était juste plus la saison) et d'une bonne bouteille, non, juste de quoi grignoter pour celle qui ne mangeait plus le midi
pour gagner du temps, pour finir plus tôt, pour rentrer s'occuper de son fils, je passais par là, à l'improviste, il faisait beau et dans ma sacoche de vélo, j'avais deux bouchées pour celle qui
restait coincée derrière son comptoir de boutique aux murs peints en rose bonbon.
Elle m'aperçoit, sourire, et sa gouaille incroyable, j'adore, d'où lui vient cette capacité à se
marrer de tout ? j'annonce tout de suite la couleur "je ne peux pas rester" ici, c'est tellement sympa avec elle que sa boutique se transforme en moins de temps
qu'il n'en faut pour le dire en un vrai petit salon de thé, le dernier où l'on cause de tous les potins de gens connus ou pas, là où on s'échange des bons plans ou des astuces, des nouvelles de
ceux qu'on n'a pas vu depuis longtemps,
"je ne peux pas rester, faut que je file vite, mais je ne pouvais pas passer
devant chez toi sans m'arrêter, en plus j'ai un petit truc pour toi", je prends de ses nouvelles, elle me raconte qu'ils lui doivent de la thune, qu'elle va prendre rdv à la banque pour un
crédit à la consommation pour finir le mois, elle ne s'en sort plus, et ces connards qui tardent à la rembourser, c'est vraiment dur en ce moment.
Arrête tes conneries, tu vas pas mettre le doigt dans l'engrenage, je te prête les
sous et tu me rembourses comme la banque, sauf que je prends pas d'intérêts, ok ?
Elle se fait un peu prier, j'insiste, je lui explique que je viens de toucher mon solde de tout
compte, un peu le pactole, donc pas de souci,
je marque un temps d'hésitation
au fait, t'as besoin de combien ?
elle lance un chiffre rond,
et,
ouf..., tout va bien, je peux lui prêter.
et voilà comment moi je me sens pousser des ailes,
elle m'appelle son ange !
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